Récits de recherches

Caroline et ses espagnols

Le début des recherches

Les recherches pour Caroline ont débuté par de longues conversations avec l’un de ses fils, Matthieu, car à l’époque je travaillais avec lui. Nous étions collègues et il faut le reconnaitre, pas toujours débordés de travail. Nous avions du temps pour discuter, et notamment de généalogie. En effet, je passais beaucoup de mon temps libre à faire des recherches pour ma famille, je racontais donc un peu mes trouvailles.

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Un jour, Matthieu me dit que sa mère aimerait que je fasse des recherches pour elle. Super ! L’idée est bien sûr de remonter sur cinq générations au dessus d’elle, mais surtout de trouver sa branche espagnole. Car son nom de jeune fille a une consonance espagnole, certes, mais ils ne savent pas du tout si c’est la branche en question. J’accepte la mission avec plaisir !

Première étape, comme toujours, j’attends qu’on me donne les premiers éléments : les parents de Caroline, les grands-parents, peut-être les arrière-grands-parents, des dates, des lieux… Puis enfin, je reçois le document. Et comme à chaque fois, je n’ai qu’une envie, me précipiter sur mon ordinateur pour commencer les recherches ! Les premières informations que j’ai sont majoritairement en France, ça devrait être facile. Au moins au début.

Je m’empresse de faire les demandes d’actes d’Etat Civil récents dont je connais les dates car je sais que les délais de réception peuvent être assez long pour certaines communes. Et sans certains actes, je serai vite bloquée. Ensuite, je pianote intensément sur mon ordinateur à la recherche d’informations, c’est parti !

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Les quatre grands-parents de mes clients me donnent donc quatre branches à exploiter. Ici j’ai plus d’informations du côté maternel, alors je commence par là. Le plus facile…

Du côté de Marie Jeanne

Des coïncidences de prénoms et de lieux

Les parents de Marie Jeanne sont facile à trouver. Au passage, ils s’appellent Jean et Marie. J’adore voir comment les prénoms se transmettent, ou pas, de générations en générations.

Sur la branche de Jean, on reste dans de département du 31. Là, ils s’appellent tous Jean de père en fils. Je dois rester concentrée pour ne pas faire d’erreur. Chaque fois que je trouve la mention d’une rue toulousaine, je ne peux pas m’empêcher d’aller voir sur Google si elle existe encore, où elle se trouve…

Les trois Jean ont habité Montaudran, quartier où habite désormais Caroline. Et l’une des arrière-grands-mères de Marie Jeanne est née dans un village de la banlieue toulousaine où habite Matthieu. J’aime ces coïncidences !

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Rien de particulier sur cette branche. Ils sont cultivateurs, mécaniciens, les femmes sont ménagères. Cela me fait penser à ma propre famille, qui est sur Toulouse dans les mêmes années. On a tendance à imaginer la même ville qu’aujourd’hui alors que même à Montaudran ont pouvait cultiver son champs !

Des métiers originaux

Du côté de la mère de Marie Jeanne, on reste aussi en banlieue de Toulouse donc je trouve assez vite. C’est d’ailleurs une sensation assez agréable je dois l’avouer. Dans ces cas là, je n’arrive pas à m’arrêter. Je peux y passer des heures, même après une journée de travail. Car je sais que si je continue je vais trouver de nouveaux ancêtres, c’est certains. C’est assez grisant ! Et puis j’imagine toujours ma cliente en train de découvrir tout ça.

Les métiers sont peut-être un peu plus « originaux » de ce côté : papetière, ferblantier, charron, coiffeur. Après les prénoms, les métiers sont les éléments que j’aime le plus découvrir. Ca en dit beaucoup sur la vie des ancêtres car leur travail représentait généralement tout pour eux, il conditionnait tout leur mode de vie.

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Sur mes schémas, j’ai pour habitude de passer en fluo jaune les ancêtres dont j’ai trouvé tous les actes d’Etat Civil : naissance, mariage(s) et décès. Au dessus de Marie Jeanne, 11 ancêtres sur 14 sont jaunes ! Voir cela me fait bien plaisir mais je reste un peu frustrée de ces trois qui restent en blanc. Pour Jean, Pauline et Marie, il me manque leur acte de décès. Je n’ai pas pu trouver les dates. C’est malheureusement souvent le cas et même si je suis très douée pour élaborer des théories du genre « veuve, elle est partie vivre près de sa fille mais dans la ville juste à côté pour ne pas être un fardeau pour elle« , parfois, je n’ai pas la réponse.

Eloïse et la découverte des Aciéries du Saut-du-Tarn

Eloïse est la grand-mère paternelle de Caroline, née dans le Tarn. On s’éloigne de Toulouse, mais cela devrait rester facile pour le moment. On part un peu au Nord, alors je me dis que ce n’est sûrement pas là que je vais trouver la branche espagnole…

Ouvriers de père en fils

Sur l’acte de mariage des parents d’Eloïse, je découvre que son père Jérôme est ouvrier aux aciéries du Saut-du-Tarn. Je n’habite pas si loin mais pourtant ça ne me parle pas. Un petit tour sur Google, et je découvre donc cette grande usine de Saint-Juéry, qui a marqué la vie de nombreux habitants des alentours au vue de son envergure. C’est une chouette découverte car il y a pas mal d’images d’archives sur Internet. On peut voir l’usine, les ouvriers… et puis ça change des laboureurs. Intéressant pour Caroline !

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Et puis, en montant cette branche paternelle, je tombe sur François le père puis François le grand-père, qui eux aussi étaient ouvriers dans cette usine ! Là je tiens une véritable histoire familiale, une saga presque ! Ils habitent même au lieu dit de l’Usine. Au passage, je trouve sur un frère à Eloïse qui y travaille aussi. Vous me croyez si j’ai immédiatement envie d’aller visiter cette usine ? D’ailleurs, je me renseigne pour pouvoir le dire à Caroline : il y a un musée. Je les ai même contacté. Malheureusement ils n’ont pas particulièrement d’archives sur les employés, le musée relate essentiellement l’histoire de l’usine et des bâtiments. Mais ça reste une belle découverte pour moi, le genre de choses pour lesquelles on devient généalogiste familiale ! Caroline pourra dire qu’elle descend d’une lignée d’ouvriers des aciéries.

Du côté de la mère d’Eloïse, je remonte bien plus difficilement. C’est pourtant toujours le département du Tarn mais tantôt il me manque un décès, tantôt un mariage… c’est laborieux, mais je fini par avoir toutes les générations jusqu’à la cinquième au dessus de Caroline.

Au dessus du grand-père Jean

Jean, c’est le mari d’Eloïse. Alors non, il n’a pas travaillé aux Aciéries. Mais son grand-père et son oncle maternels, si ! Il n’en faut pas plus pour que mon imagination se mette en route et que j’invente comment deux familles se sont rencontrées et unies aux portes de l’usine… Evidement, après toutes ces années, on ne peut pas savoir ce qui s’est passé. A moins d’avoir la chance que des lettres ou anecdotes aient pu arriver jusqu’à nos jours, on ne peut qu’imaginer. Mais c’est justement en recoupant ces petits détails individuels que se dessine l’histoire globale d’une famille.

Des deux côtés au dessus de Jean, je peux retrouver tout le monde jusqu’à la cinquième génération au dessus de Caroline. Toujours pas de père inconnu, les identités sont toutes révélées. Je n’arrête pas de dire à Matthieu que je trouve ça incroyable, moi qui en ai un certain nombre dans ma propre famille.

Le côté paternel est important puisqu’il s’agit de la lignée patronyme de Caroline, la lignée de son nom de famille. On trouve donc Caroline, André son papa, Jean son grand-père, Alexis, Augustin et Jean. La sixième génération ne sera pas notée sur l’arbre généalogique prévu dans la prestation, mais l’acte de mariage de Jean nous le révèle, son père s’appelle également Jean. On reste dans le Tarn, on reste avec des cultivateurs… rien de fou dans ces découvertes. Mais chaque ancêtres est là, retrouvé, nommé, à sa place pour cheminer jusqu’à Caroline.

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Du côté maternel de Jean, c’est pareil, mes recherches ne vont pas plus loin que Saint-Juéry et Albi. Début août, je trouve un acte de mariage où l’époux Antoine est « né au hameau Saudi dans les plaines du faubourg du bout du pont du Tarn du dit Albi« . C’est très poétique. Ce monsieur est briquetier, se marie avec une certaine Jeanne et passe toute sa vie à Albi.

Gérome, l’espagnol ?

Finalement, c’est tout en haut, à la cinquième génération au dessus de Caroline, que je tombe sur un non-tarnais ! Voici donc Gérome, né à l’Hospitalet, en Ariège. Il se marie à Toulouse puis s’installe à Saint-Juéry. C’est son fils que l’on retrouve aux Aciéries. Mon problème c’est que je ne trouve pas sa date de naissance précise, je n’ai que le mois d’août 1796. Je n’ose pas demander l’acte de naissance à l’Hospitalet avant d’avoir la date précise car généralement les mairies ne font pas de recherches, ils envoient seulement ce qu’on demande.

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Comme je vais passer quelques jours de vacances en Ariège, je me dis que j’irai voir moi-même à l’Hospitalet, je ne serai pas très loin. J’appelle la mairie avant pour connaitre les conditions d’accès aux archives, surtout à cause de la situation sanitaire, et on me dit que les archives sont à Foix. Mince, ça ne m’arrange pas ! Alors finalement, je tente quand même ma chance par mail auprès de l’Hospitalet en expliquant que je n’ai pas la date précise. Cette commune n’étant pas bien grande, je me dis que l’employé de mairie n’aura pas à tourner des centaines de pages pour couvrir l’année 1796. Je croise les doigts !

J’ai eu l’agréable surprise de recevoir une réponse rapide d’un monsieur qui a pris le temps de faire les recherches pour moi, quelle chance ! C’est donc lui qui m’apprend que l’acte de naissance de Gérome n’existe pas mais que c’est sur son acte de mariage qu’on apprends que sa naissance a été constatée par un acte de notoriété, établi par un Juge de Paix, deux mois avant ce mariage. Il m’envoie le lien vers l’acte de mariage, qui est en ligne dans les archives de Toulouse. C’est déjà très sympathique car il aurait pu se contenter de me donner la date pour que j’aille chercher moi-même. Mais en plus il est allé rechercher cet acte de notoriété et il l’a joint à son mail ! Incroyable comment certains employés de mairie peuvent être contentieux et serviable. Je l’ai évidement remercié par retour de mail et il m’a dit que c’était très rare d’avoir ce genre de merci, et que donc j’avais égayé sa journée. Joie réciproque donc !

Alors forcément, l’Hospitalet étant extrêmement proche de l’Espagne, j’ai pensé que la branche espagnole de Caroline était peut-être là… Mais ça me semblait un peu loin dans sa généalogie puis les parents de Gérome n’ont pas des prénoms espagnols. Il valait mieux parier sur la quatrième branche restant à explorer.

Marcel, le vrai descendant des espagnols ?

André ne s’appelle pas André !

Première surprise, le grand-père de Caroline ne s’appelle pas André mais Marcel, avec Antoine et Joseph en deuxième et troisième prénoms. En fait, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive d’avoir des « anciens » qui font leur vie sous un prénom différent que celui de leur naissance. Pourtant ici, il ne s’agit pas de franciser un prénom étranger, Marcel est né dans l’Hérault, sa mère aussi et son père à Toulouse. Peut-être que je comprendrais plus tard, selon les identités des ancêtres que je vais trouver au dessus de lui.

La démarche est souvent la même : quand j’ai la date de naissance d’un ancêtre, je remonte petit à petit les années, dans la même commune, espérant tomber sur le mariage de ses parents. Pour Marcel, ça ne fonctionnera pas, puisqu’il est né sous le nom de sa mère. Cela signifie que ses parents François et Joséphine se sont mariés après sa naissance, je dois chercher dans l’autre sens. C’est huit ans plus tard que je trouve ce mariage.

Un seul patronyme pour deux grands-mères

Je lis attentivement cet acte de mariage entre François et Joséphine et là, surprise, les deux mères Josefa et Maria ont le même patronyme et sont nées dans le même petit village espagnol ! Non seulement je viens de trouver la branche espagnole de Caroline mais les deux grands-mères de Marcel sont probablement liées, cela ne peut pas être un hasard !

J’étais tellement contente d’avoir retrouvé les espagnols ! Par contre les recherches en Espagne sont plus difficiles qu’en France, alors je me dis que je vais peut-être avoir du mal à compléter la génération qu’il me manque pour arriver à la cinquième. Et surtout, surtout, je vais absolument devoir percer le mystère des deux grands-mères qui s’appellent pareil. Je ne me vois pas dire à Caroline que je n’ai pas trouvé. Je croise fort les doigts, je continue !

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Par chance, les parents de François se sont mariés à Toulouse. Je peux donc avoir leurs parents. Je suis obnubilée par les deux grands-mères et là je trouve les parents de Josefa, c’est génial ! Il s’agit de Diego et Ramona. On est bien en Espagne et on est toujours dans le même petit village. Mais je n’ai pas encore le lien avec l’autre grand-mère Maria.

Je reste du côté paternel de Marcel. Son père est François et son grand-père est Mariano. On est début septembre et ça fait des jours que je cherche le décès de Mariano. Certes il est né en Espagne mais il s’est marié à Toulouse et ses deux enfants y sont nés. Alors j’ai repris mes notes en détail et élargi les pistes. Mais c’est bien finalement à Toulouse qu’il est décédé. Ca m’avait échappé car il est mort un mois après la naissance de son fils François, en 1890. Et bêtement, j’avais noté qu’il était décédé après cette année là, je n’avais jusqu’à présent cherché qu’à partir de 1891. Ca me servira de leçon !

Trouver la date du décès de Mariano m’a permis de trouver celle de sa femme Josefa. Se dessine alors un peu mieux l’enfance de leur fils François. Il perd son père à l’âge d’un mois, son grand-père maternel quand il a cinq ans, sa grande sœur quand il en a huit et sa mère quand il en a douze. C’est l’exemple parfait des ancêtres qui attire mon attention parmi tous ceux d’un arbre généalogique. Certains ont un destin différent… et là je me demande qu’elle fut son enfance, comment sa mère l’a élevé. Et ce qu’il a fait entre ses douze ans où il devient orphelin et ses 20 ans où on le trouve poseur de papiers peints et qu’il part faire son service militaire.

Antoine a eu deux compagnes

Ainsi, la branche espagnole de Caroline est identifiée mais me pose quelques difficultés du côté maternel de Marcel. Je me résous à faire tous les recensements de la ville française où est née sa mère Joséphine : Cruzy, dans l’Hérault. J’espère trouver plus d’informations sur ses parents, Antoine et Maria. Mais quatre heures plus tard, je lui ai trouvé des frères et des sœurs, mais rien sur les parents. Au passage, j’ai pris des notes sur une famille aux mêmes noms. Je ne fais pas de liens entre eux, mais sait-on jamais.

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Après encore des heures de recherches, enfin un scoop : Joséphine n’a pas la même mère que ses trois sœurs ainées ! Le père Antoine s’est marié deux fois. Ou du moins, il a eu deux conjointes, car je ne suis pas encore sûre qu’il y ait eu mariage. Joséphine est né à Cruzy alors que sa première demi-sœur est née à Toulouse. Ca me donne une trace de vie du papa Antoine dans cette ville. J’ai hâte que Caroline découvre tout ça !

Ils se connaissaient bien avant

Mais à présent, je suis bloquée. J’ai envoyé quelques mails en Espagne mais aucun retour. En attendant, je fouille la vie d’Antoine. Je trouve de nombreux éléments sur sa première femme, je suis sûre qu’il a eu ses trois premières filles avec elle. D’ailleurs, la naissance de l’ainée, Anastasie, est déclaré par Diego. C’est le papa de Josefa, c’est le côté paternel de Marcel. Mais… attendez… ils ne sont pas censé se connaitre encore !! Ma tête fume à chaque fois que je travaille sur cette famille, mais je suis sûre qu’ils étaient tous liés avant même le mariage des parents de Marcel. Il y avait les deux grands-mères au même nom, le même village, et maintenant ça…

Je trouve enfin l’acte de décès d’Antoine. A présent j’ai donc tout le monde sur la dernière génération, sauf les parents de Maria. Quel dommage ! Avoir ses parents me permettrait probablement de savoir comment elle est liée à l’autre grand-mère Josefa. Parce que je suis sûre qu’il y a un lien !

Une aide providentielle

Pour mes recherches personnelles, je m’adresse parfois à un groupe de généalogistes amateurs sur Facebook. On s’entre-aide, selon nos compétences et nos lieux d’habitations. Alors je me dis qu’ils pourront peut-être m’aider pour l’Espagne… Je lis tout ce qui a déjà été publié au sujet de ce pays, mais rien d’utile n’en ressort. Le 26 septembre, mon cœur a fait un bond quand j’ai vu qu’un membre du groupe allait à Monzon, en Espagne, et demandait s’il pouvait être utile à quelqu’un. C’est très précisément le village natal des deux grands-mères de Marcel ! Je m’empresse de lui écrire.

Je lui explique les deux grands-mères Josefa et Maria, je lui envoie deux schémas pour qu’il comprenne bien, je lui fais la liste des actes à chercher s’il a le temps. Je suis super excitée à l’idée qu’il puisse m’aider à résoudre ce mystère ! C’est tellement improbable qu’il aille dans ce village, à ce moment là. Et c’est tout gentiment qu’il prend note de tout ça pour son séjour. Il ne me reste plus qu’à attendre son retour.

Le 28 septembre il m’écrit qu’il est bien arrivé. Il est allé à la mairie à 14h10 et a vu les horaires d’ouverture : de 7h45 à 14h. Dommage. Il m’envoie une photo du château et de la cathédrale en attendant. Encore une fois, tellement de gentillesse de la part d’un inconnu ! Et moi, je trépigne d’impatience. J’ai envie de savoir comme si ces deux grands-mères étaient dans mon propre arbre généalogique !

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Le lendemain, il m’envoie un nouveau mail. Il est allé à mairie mais on lui a dit que c’est le Juge de Paix qui gère les actes contemporains. Il a fallu qu’il passe un portail de détecteur de métaux et qu’il subisse une fouille de sac par deux policiers ! Et finalement, la personne en charge des actes lui dit que les dates que je souhaite sont aux archives paroissiales de la cathédrale. Là-bas on lui dit d’abord que la personne qui s’en occupe n’est pas là… mais justement elle arrive à l’improviste. Si c’est pas de la chance encore une fois… Elle cherche dans les tables annuelles, trouve le numéro de l’acte de naissance de Josefa, puis l’acte en lui-même. Elle trouve aussi l’acte de Maria, l’autre grand-mère. Il va m’envoyer les photos des documents demain. Il m’indique quand même que les actes espagnols indiquent les parents et également les grands-parents, ce qui va me faire gagner une génération de plus. J’ai tellement hâte de lire ça !

Le mystère est enfin révélé

Le lendemain je reçois les photos des actes. A moi la lecture et traduction avec Google, alors que je suis en Ariège, avec une faible connexion internet et uniquement mon téléphone. Je m’accroche…
Sur l’acte de naissance de Josefa je lis ses parents : Diego et Ramona. Je les connais déjà puisque Josefa s’est mariée à Toulouse et j’ai l’acte. Ce sont ses grands-parents paternels qui m’intéressent surtout : Joachin et Marie.
Sur l’acte de naissance de Maria, je découvre ses parents : Francisco et Maria. Là encore, je cherche vite ses grands-parents paternels : Joachin et Marie. Bingo ! J’ai trouvé le liens !

Les deux grands-mères Josefa et Maria sont cousines germaines puisque leur pères sont frères. Enfin j’ai la réponse à ma question. Il m’a fallu plusieurs semaines de recherches sur elles deux, leur maris, frères, tous leurs enfants… et la chance d’être aidée par un inconnu pour comprendre un peu la dynamique de cette grande famille.

Ils étaient trois espagnols

J’avais noté au passage une famille avec les mêmes noms qui revenaient et des liens ça et là… et bien François, le patriarche de ce groupe là, est le fils de Joachin et Marie. Lui aussi ! Ainsi, en plus des deux grands-mères de Marcel, il y a une autre cellule familiale qui est venu en France. Eux se sont implantés à Cruzy dans l’Hérault.

La branche espagnole de Caroline, c’est donc trois frères, arrivés sûrement ensemble pour deux d’entre eux. J’ai cherché à dater cette arrivée. J’en conclu que c’était entre janvier 1871 et décembre1872. C’est pas mal précis quand même et je suis vraiment très contente de pouvoir donner ces informations à Caroline, c’est son histoire.

Finaliser le dossier

On est déjà début novembre quand je commence la rédaction du dossier des ancêtres de Caroline, puis la réalisation de son arbre et de son calendrier-mémo. Je m’étais fixé comme objectif de lui présenter le résultat de mes recherches avant Noël, afin qu’elle puisse le partager avec ses proches. Mission accomplie puisque je livre tout cela à Matthieu le 24 novembre.

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Après notre rendez-vous, j’étais tout sourire jusqu’à la fin de la journée ! Ravie d’avoir pu retrouver tous les ancêtres de Caroline et créer un arbre généalogique complet. Ravie d’avoir eu autant de chance au cours de mes recherches. Et ravie aussi d’avoir tant de petites histoires à leur faire découvrir, même si cela, je n’y suis pour rien.

On peut toujours approfondir certains éléments, voir si d’autres hommes de la famille ont travaillé aux Aciéries, voir si les espagnols sont espagnols sur le long terme, découvrir encore quelques petits détails ici ou là… Mais à présent, sur cinq générations au moins, chaque ancêtre a retrouvé sa place dans l’histoire qui a mené jusqu’à Caroline. Et je la remercie de m’avoir accordé sa confiance pour la réalisation de cette mission.

Vous pouvez lire son témoignage sur la page dédiée.

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